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Que veut dire avoir 20 ans pour une organisation
dédiée au débat bioéthique ?
Sans doute, cette pérennité peut elle
être pour ses membres une raison de fierté : fierté
des actions menées, fierté de l'audience acquise au vu de
la faiblesse des moyens, fierté tout simplement de vivre dans son
époque et d'essayer de la maintenir dans une perspective historique.
Mais, cette durée est avant tout le signe de l'enracinement de
la bioéthique dans notre quotidien : en tant que questionnement
sur nos valeurs et notre mode de vie, en tant que système d'analyse
partie prenante de notre organisation sociale, enfin en tant que moyen
de dialogue entre les hommes par delà leur cultures.
Ne nous leurrons pas, ce qui a été accompli est non seulement
infime par rapport à ce qui reste à faire mais surtout cet
accomplissement est fragile en raison même de la consécration
de la bioéthique comme pilier de la société nouvelle
qui se construit.
Intégrée, institutionnelle et internationale, la bioéthique
conservera-t-elle cette infime part d'indépendance et de liberté,
d'insolence critique, nécessaire à une société
pour que celle-ci trouve encore en elle la force de se renouveler ?
Les pionniers de la bioéthique sont voués à disparaître
mais avec leur disparition, la bioéthique deviendra-t-elle une
bioéthique de salon, une bioéthique du politiquement correcte
?
C'est l'unique question qu'il convient de se poser.
Christian Byk, secrétaire général, Assoc.internat.
droit, éthique et science
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